Tout homme libre est d'abord un guerrier

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Tout homme libre est d'abord un guerrier

Message  eolh45 le Jeu 14 Jan - 11:23

A la première page de La France et son armée (1938), le futur général de Gaulle voyait dans la prise de Rome par le Gaulois Brennus, en 390 avant notre ère, le premier fait d'armes de l'histoire militaire française.

Une histoire, donc, d'au moins vingt-quatre siècles. Le nom de Brennus était déjà une référence au Moyen Age. Il le fut plus encore au temps des guerres d'Italie pour justifier les ambitions françaises. On ne peut contester que les premiers ancêtres connus des Français sont les Gaulois, et l'invocation de Brennus pour les Français se justifie tout autant que celle de Thésée pour les Athéniens, d'Abraham pour les Juifs ou de Romulus pour les Romains.

Émergeant d'un passé vaporeux ou mythique, ce sont toujours les héros et les batailles qui laissent des traces dans la mémoire légendaire ou historique.
Il n'y a pas à s'en étonner. Héros et batailles décident de la naissance, de la mort, de l'élévation ou de l'abaissement des cités. C'est par le combat que les peuples surgissent des lents enfantements pour se muer en États ou en nations. s'affirmer, s'étendre, disparaître et parfois ressusciter.

La seconde moitié du XXe siècle s'est acharnée à nier cette réalité qui froisse ses préjugés et ses illusions. Pourtant, les quarante dernières années regorgent d'exemples prouvant, partout dans le monde, en Amérique latine, en Afrique, au Proche-Orient, en Asie et, récemment, dans les Balkans, que les naissances ou renaissances historiques, l'élimination des uns et la vic­toire des autres ne se font pas sans recours à la violence armée, même quand elle se camoufle sous les prétextes du droit ou de l'humanitaire.

Plus qu'aucune autre peut-être, l'histoire de la France se confond avec celle des batailles. Le choix de Paris comme capitale est un symbole. Contrairement à tant d'autres métropoles créées au carrefour de routes commerciales, cette ville est née de la volonté politique quand Clovis et ses successeurs en ont fait la base militaire de leur pouvoir. Capitale bien pourvue de garnisons jusqu'au début du XXe siècle, Paris ne cessa que très récemment d'avouer sa fonction militaire. Les noms d'innombrables voies, à commencer par les avenues rayonnant autour de sa plus célèbre place, témoignent de ce que furent ses origines.

L'histoire militaire de la France commence bien avant la France. Elle commence loin avant l'histoire écrite, quand se façonne le visage du pays et de son peuple. Appuyées sur des camps fortifiés (oppida), une soixantaine de cités gauloises se répartissent un vaste territoire entre le Rhin et les Pyrénées quand se produisent les premières incursions romaines le long des côtes méditerranéennes, en 122 av. J.-C.
Nous le savons par les récits de César, mais aussi grâce à l'archéologie et à l'étude des littératures celtiques et gaéliques ; chez les Celtes, comme chez les autres indo-européens, la fonction guerrière est associée au pouvoir et à la liberté. Tout homme libre est d'abord un guerrier. Née des ambitions de César, la menace romaine se fait conquête en 52 av. J.-C. Autour du jeune Vercingétorix, s'unissent une partie des Gaulois. Pourtant après sa victoire à Gergovie, Vercingétorix est assiégé et vaincu à Alésia. C'en est fini de la Gaule indépendante, mais le souvenir n'en disparaîtra jamais.
De siècle en siècle, chaque fois que les Français craindront pour leur être et leur liberté, ils invoqueront le sou­venir du jeune général et de « nos ancêtres les Gaulois ».

Dans leurs mythes religieux et leurs récits d'épopée, les hommes d'Europe ont toujours spécialement honoré les héros malheureux. Achille, Vercingétorix, Siegfried, Roland ou Jeanne d'Arc, personnalisent le tragique de la destinée humaine. Le héros est d'autant plus grand et admiré qu'il est brisé en pleine gloire. Ce ne sont pas des victoires, mais de glorieuses défaites, Camerone, Sidi-Brahim, Reichshoffen ou Bazeilles, auxquelles s'identifient les corps d'élite quand ils édifient leur légende, sacralisant de la sorte la sublime inutilité de l'esprit de sacrifice.
Toujours, les hommes de bonne trempe ont honoré le courage malheureux chez l'ami et chez l'ennemi. Ainsi que le suggèrent les mythes scandinaves, le sacrifice des guerriers morts et le martyre du chef sont les semences spirituelles des renaissances.

Dominique Venner (ESH n°18)..
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